Quand Joséphine de Beauharnais lance la mode des châles en cachemire
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Le général Bonaparte était très occupé en Égypte, en 1798-1799, mais prenait le temps d’écrire à son épouse Joséphine de Beauharnais, et de lui envoyer des cadeaux. L’un d’eux, un lot de châles en cachemire, n’eut pas l’effet escompté. Elle écrit ainsi à son fils Eugène, officier en Égypte auprès de son beau-père, que ces écharpes étaient étonnamment chaudes malgré leur poids plume, mais plutôt laides.
Il ne fallut pourtant peu de temps à Joséphine pour changer d’avis. Sous le simple effet de la mode, qu’elle allait contribuer à renforcer. Il n’existe pratiquement pas de portrait privé où elle ne soit pas représentée avec un châle en cachemire, les portraits officiels de l’impératrice étant beaucoup plus codifiés. La mode était alors aux tissus légers, un peu à l’antique, et les fameux châles se sont imposés pour fournir la chaleur indispensable. Malgré un coût élevé car venus de loin, importés d’Orient. L’impératrice aurait possédé des cachemires en grand nombre, portés sur les épaules, en turban, ou encore à l’égyptienne, autour de la taille. Elle en aurait même utilisé pour faire des robes.

Évidemment très en vue, Joséphine de Beauharnais influençait la mode féminine, et fut bien sûr imitée. Tous les portraits de dames célèbres de l’époque, de Mme Récamier à Mme de Staël par exemple, les montrent portant un châle de cachemire. Et Villepreux n’est pas exempt, comme le prouve le portrait par Girodet d’Augustine Bertin de Veaux, châtelaine de Grand’Maisons. On fabriqua donc très vite des châles cachemire en France, dont, un peu plus tard, dans l’atelier villepreusien de Laurent Biétry. Qui se battit sans cesse contre les faux cachemires et la production concurrente, en Angleterre et en Allemagne notamment, d’imitations en laine ou tissus imprimés, beaucoup moins onéreuses, mais moins belles. Jusqu’à fournir l’impératrice Eugénie sous le Second Empire.

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